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Mariette Julien – La mode hypersexualisée

par Joanne Lafond

Mariette Julien traite ce sujet très chaud avec un nouveau regard en l’abordant sous plusieurs angles dont l’esthétisme, l’histoire, la sociologie et la philosophie.

Nous avons ici un petit bouquin plus qu’intéressant puisque quiconque sort de chez lui se trouve confronté à la mode hypersexualisée. En passant par les podiums où défilent les mannequins, les cours d’école, les revues, les vidéos ou les autres publicités, la mode hypersexualisée ne peut échapper à notre regard, que ce phénomène nous intéresse ou non. Mariette Julien, docteure en communication et professeur à l’école supérieure de mode de Montréal à l’Université du Québec, traite donc ce sujet très chaud avec un nouveau regard en l’abordant sous plusieurs angles dont l’esthétisme, l’histoire, la sociologie et la philosophie.

Dans son texte, l’auteur identifie une série d’influences de la fin du 20• siècle à nos jours. Au cours de cette lecture, nous découvrons que la mode, de tout temps, s’est nourrie du passé, d’exotisme, de sexualité et du désir de séduire. La mode hypersexualisée ne fait pas exception à cette règle. Au départ, les hippies ont commencé l’ère de la libération sexuelle, du plaisir, du moment présent et de l’impudeur. Ensuite, les punks sont arrivés en balayant du revers de la main tout ce que les hippies avaient instauré. « Les punks sont urbains, antinaturels, contre l’amour, la paix et le travail » (p.23). Aujourd’hui, l’esthétique punk est encore prépondérante dans la mode contemporaine. Nous n’avons qu’à penser aux perçages, aux tatouages et à la tête de mort toujours omniprésente. Ensuite, Madonna, icône de la mode hypersexualisée, se révèle au grand jour. Elle incarne parfaitement l’image de la mauvaise fille créée par les filles punks. Madonna influence significativement les femmes des trois générations qui la suivent. Finalement, nous ne pouvons passer sous silence l’influence des grands créateurs de mode, des poupées Barbie et Bratz ainsi que celle de la pin-up girl qui a vu le jour à la fin des années r800 et dont l’influence est fondamentale dans le sujet qui nous intéresse.

La mode n’est pas seulement une façon de se vêtir, elle représente aussi un excellent indicateur des valeurs qui prévalent dans les sociétés. C’est pourquoi l’auteur s’intéresse à plusieurs facteurs sociaux influençant cette tendance qu’est la mode hypersexualisée dont la « pornographisation » (en référence au recyclage d’archétypes pornographiques dans la littérature, la publicité, à la télévision, au cinéma, dans la presse écrite et autre), la sexualisation de l’image de la femme dans les médias,la quête de la célébrité, l’immédiateté, la « déliaison » amoureuse (les nouvelles relations amoureuses étant de moins en moins construites selon le modèle de l’amour romantique, mais plutôt sur celui du développement personnel à travers de multiples relations), l’hyperconsommation, la performance, la recherche d’authenticité et la libération des femmes. À titre de designer et propriétaire de boutiques de vêtements pour femmes, un passage m’a particulièrement interpelée : « Malgré leurs intentions de liberté, conscientisées ou non, les femmes qui adhèrent au style hypersexy projettent néanmoins l’image de la femme plus asservie » (p.66).

Ce phénomène ne s’adresse pas seulement aux jeunes femmes qui sont souvent influençables parce qu’en pleine construction de leur identité, mais aussi aux jeunes hommes qui subissent les conséquences de cette tendance perverse. Finalement, n’allons pas croire que, passé(e) la fleur de l’âge, la mode hypersexualisée ne nous concerne plus, car aujourd’hui on se doit d’être consommable peu importe le nombre de chandelles sur notre gâteau !
Finalement, ce texte, très bien documenté, saura répondre à plusieurs interrogations concernant cette tendance en plus de nous fournir un glossaire très complet (la mode empruntant souvent des termes à l’anglais) qui vient compléter cet ouvrage très actuel.

Mariette Julien, La mode hypersexualisée, Sisyphe, 2010, 120 p.

Josée Lafond, Cahiers de lecture de l’Action nationale, Été 2010, vol. IV, numéro 1.

Pour plus d’information sur ce livre

Mis en ligne le 14 juin 2010

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