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12 000 ans de création féminine

par Monique Dufresne

Une encyclopédie couvrant les productions artistiques féminines de la Préhistoire à nos jours : Poèmes, contes, ballades, récits de voyage, histoire, texte religieux, traduction, correspondance.

Je viens de terminer Une histoire des créatrices, de Liliane Blanc, une encyclopédie couvrant les productions artistiques féminines de la Préhistoire à nos jours : Poèmes, contes, ballades, récits de voyage, histoire, texte religieux, traduction, correspondance. L’auteure est généreuse, nous offrant plusieurs extraits de ces oeuvres, souvent en traduction, figures d’une âme féminine persistant à travers les siècles.

Au début furent des contes et poèmes chantés, où l’amour prenait une grande place. Les troubadours du Moyen-âge n’ont rien inventé : les femmes des milieux aisés les avaient précédés, leur père ayant accès à la culture et en faisant partage. Déjà en Grèce, les sibylles – et notamment Sapho – avaient retenu l’attention des philosophes. À Rome, on fit moins de cas de la pensée des femmes, plus tenue aux exigences du foyer familial.

Après l’amour, c’est la foi religieuse qui anime les textes que l’histoire a retenus. J’ai appris à la lecture de cet ouvrage que des nonnes bouddhistes avaient été des maîtres à penser. Au Moyen-âge européen, des moniales et des béguines consignent leurs visions ; c’est le cas d’Hildegarde de Bingen et Thérèse d’Avila que l’on consulte encore aujourd’hui.

En facilitant la diffusion des oeuvres anciennes, l’imprimerie ouvre à beaucoup plus de femmes l’accès à la culture lettrée. Outre la littérature, on voit plusieurs d’entre elles – malheureusement restées anonymes – s’illustrer en peinture, en enluminure et en musique. Une historienne de Constantinople, Anne Comnène (1083-1153), relate les détails de la Première Croisade.

La Renaissance fait place à beaucoup d’essais critiques de la part des femmes, au moment de la Réforme. Christine de Pisan, par exemple, signe plusieurs textes importants. En fait, Liliane Blanc nous apprend qu’elle dut vivre de sa plume et fut peut-être la première « féministe » à faire reconnaître la puissance créatrice des femmes.

Longtemps plus tôt, en Chine, Cai Wenji (177 - ?) de la dynastie des Han, était devenue une véritable héroïne, à tel point qu’elle inspire encore aujourd’hui des auteurs dramatiques, des peintres et des musiciens des deux sexes :

Les armes de guerre sont partout rendant les routes dangereuses
Les soldats et les peuples fuient en exil, souffrant ensemble
Humiliée et violée, vers qui me tourner ?
Je chante avec mon hujia et mon chien
Mais personne ne connaît ma colère et mon chagrin.


Parole lyrique et passionnante, présente mais trop souvent marginalisée depuis 12 000 ans d’histoire écrite. Merci à Liliane Blanc de nous faire ainsi découvrir nos aînées.

Le Couac, septembre 2010.

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Mis en ligne, le 10 septembre 2010

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